Les débuts chaotiques de la 3D

La 3D a été testée au cinéma dès la fin du XIXe siècle. Après des débuts difficiles, elle a connu quelques succès ponctuels. 

Premier essais de projection en relief au cinéma (1890-1922)

La stéréoscopie apparait au cinéma à la fin des années 1890 lorsque William Friese-Green, un pionnier du cinéma anglais, dépose un brevet pour un processus de projection simultanée de deux films côte à côte, un pour chaque œil. Les spectateurs doivent alors regarder le film à travers un stéréoscope afin de faire converger les deux images. Il ne fait que transposer au cinéma la technique de stéréoscopie utilisée pour la photographie et les dessins. Cependant, cette technique s’avère peu pratique voire génante, et n’apparait donc pas au cinéma.

Au début du XXe siècle, l’inventeur américain Frederick Eugene Ives brevette sa caméra à double objectif. Il ne fait, lui aussi, qu’appliquer la recette de l’appareil photo à la caméra, puisque de tels appareils existent déjà depuis quelques années. Mais, cette fois non plus, le succès ne vient pas.

Le 10 juin 1915, les inventeurs et réalisateurs américains Edwin S. Porter et Will E. Waddell présentent le premier film 3D au théâtre Astor à New York. Ils présentent trois rouleaux de tests en anaglyphe rouge-cyan. Toutefois, le film est un échec et n’a jamais été officiellement distribué.

Le premier film de fiction 3D à arriver sur les écrans est The Power of Love de Harry K. Fairall. La première est présentée au Théâtre de l’Hotel Ambassador à Los Angeles le 27 septembre 1922. Il est projeté sur deux bandes dans le format anaglyphe rouge et cyan. Il est à la fois le premier film à utiliser deux bandes, ainsi que le premier film à utiliser le système d’anaglyphes. Cependant, après avoir été présenté aux exposants et à la presse de New York, le film n’apparaît plus sur les écrans, n’ayant apparement pas été réservé par les exposants. Il est maintenant considéré comme perdu. 

Premier âge d'or : les années cinquante

Affiches de La vision en relief connait son premier âge d’or, avec la sortie en 1952 du premier film 3D en couleur, Bwana Devil (Bwana le Diable) produit, écrit et réalisé par Arch Oboler. Le film est projeté à partir d’une double bande avec des filtres polaroïds.

S’ensuivent quelques années d’une production prolifique de films 3D, qui permet aux studios de faire revenir les spectateurs devant le grand écran, délaissé au profit de la toute jeune télévision. Hélas, le succès est de courte durée, car les contraintes techniques, et plus particulièrement la projection simultanée de deux films, posent souvent problème, notamment au niveau de la synchronisation des deux bobines. De plus, l’usure des bobines contribue à accentuer la disparité visuelle entre les deux yeux. Par ailleurs, un léger décalage entre les deux projecteurs, bien qu’il soit infime, rend les films impossibles à regarder et cause de sérieux maux de tête. Tant et si bien qu’au final, les films 3D commencent à être vus dans de mauvaises conditions.

Cependant, en 1954, au début du déclin de ce premier âge d’or, un film fit sensation : Dial M for Murder (Le crime était presque parfait) d’Alfred Hitchcock. Le consensus s’accorde à dire qu’il est le film exploitant le mieux la 3D de son époque. Warner Bros le ressortira en 1982 lors du second âge d’or de la 3D, et il connaitra de nouveau un grand succès.

Affiche 1: http://www.digitaldeliftp.com/DigitalDeliToo/dd2jb-Devil-and-Mr-O.html                                                                                               Affiche 2: http://3dperfection.blogspot.com/

 

Période de transition (années 60-70)

Dans les années soixante et soixante-dix, la 3D est toujours présente au cinéma, mais à un degré moindre. Le coût est le premier facteur limitant : les producteurs indépendants n’ont pas forcément les moyens de produire des films nécessitant deux jeux de bobines. Les studios limitent alors la 3D à quelques grosses productions. Mais ces deux décennies voient tout de même l’arrivée de nouveaux formats 3D, ne nécessitant plus qu’une seule pellicule pour un seul projecteur.

Le premier, arrivé dans les années soixante, est le Space-Vision 3D. Il superpose les deux images l’une sur l’autre selon la technique d’over-under, éliminant ainsi les problèmes de synchronisation mais ayant pour inconvénient de diminuer la luminosité du film.

Quelques années plus tard, durant les années 1970, une autre société, Stereovision est créée par le réalisateur et inventeur Allan Silliphant et par le designer optique Chris Condon. La stéreovision développe un autre système, le side-by-side, selon lequel les deux images sont écrasées en largeur pour tenir l’une à côté de l’autre sur la pellicule, et rétablies à leur dimension normale lors de la projection. Là aussi, l’avantage est de supprimer tout problème de synchronisation lors de la projection mais l’inconvénient est le même : une perte de luminosité.

Les années soixante-dix verront surtout fleurir les films érotiques et pornographiques en 3D.

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