La 3D : néfaste pour la santé ?

Personnes visionnant un film avec des lunettes 3D.jpg"Rendre les clients malades n'est pas une recette de succès" selon Katzenberg producteur américain. En effet la diffusion de films en 3D provoque de multiples effets secondaires chez les spectateurs tels que des fatigues oculaires, maux de tête, vertiges, nausées… Une personne sur cinq exposée à la 3D est susceptible de développer l'un de ces troubles. Ce qui rend les films désagréables à regarder et fait « fuir » un grand nombre de clients ressentant ces désagréments lors d’un visionnage de film 3D.

C’est pour cette raison qu’a été créé un "questionnaire d'affection liée aux simulateurs" qui permet d'évaluer les 16 symptômes les plus courants que le public aurait ressentis lors d'un visionnage de film 3D. Ces symptômes comptent la fatigue générale, les maux de tête, la fatigue oculaire, la nausée, la vision floue, les sueurs et la salivation abondante... Mais malgré tous ces travaux, on ne sait toujours pas ce qui provoque ces effets secondaires. 

Néanmoins quelques théories ont été mises à jour pour expliquer certains de ces effets secondaires. Les fatigues oculaires, par exemple, sont potentiellement dues à des mouvements oculaires inhabituels chez les spectateurs de films en stéréoscopie. En dehors des salles de cinéma nos yeux bougent de deux façons différentes. Il y a ce qui est appelé la « vergence », c’est le mouvement simultané des yeux dans des directions opposées pour obtenir ou maintenir une vision binoculaire. Puis il y a « l’accommodation » qui est la capacité de l’œil à voir nettement des objets à des distances différentes grâce à la déformation du cristallin. Mais, lors d’un film en trois dimensions, l’illusion force nos yeux à converger sans s’accommoder. Ce mouvement inhabituel de l’œil peut être à l’origine de la fatigue oculaire. Il n’y a pas de raison de s’attendre à ce que la technologie moderne résolve ce problème de biomécanique de base.

Par ailleurs, bien peu d’éléments indiquent que les nouvelles technologies pourront surmonter le fait que 5% de la population est insensible à la stéréoscopie, c'est-à-dire qu’ils ne peuvent profiter des effets de la 3D. Mais des risques plus graves existent encore. Un visionnage excessif d’une animation 3D tend à provoquer une adaptation du système oculomoteur (le système nerveux assurant la mobilité des globes oculaires) altérant provisoirement le rapport entre l’accommodation et la convergence. Il se peut donc que certains spectateurs connaissent de légers troubles à court terme de la vision après avoir vu un film.

De plus la 3D est plutôt dangereuse pour les enfants, car leur système visuel est en plein développement et est donc très fragile. Une étude de cas publiée à la fin des années 1980 atteste qu’au Japon, un enfant de 5 ans a contracté un strabisme permanent après avoir regardé un film 3D anaglyphe. La 3D peut aussi engendrer certain type d’épilepsie particulière telle que l’épilepsie photosensible qui touche 3 à 4 % des épileptiques. Il y a aussi des problèmes de lunettes, les lunettes passives qui équipent la plupart des grands complexes sont très peu couteuse (1$) mais elles sont beaucoup plus fatigantes que les lunettes actives (20$). Par ailleurs, pour les porteurs de lunettes, le port d'une paire supplémentaire ajoute un inconfort qui nuit au plaisir de la séance.

De nombreux reportages ont repris les affirmations de l’industrie de la 3D, admettant que “les pires effets secondaires de la 3D avaient été éliminés". Cependant d'après plusieurs plaintes comme dans l’article « la 3D fait mal »,  les films 3D mettent toujours le public dans un état d’incommodité, que se soit dû aux douleurs oculaires ou à d'importantes nausées. Les effets secondaires les plus néfastes des images stéréoscopiques ont peut être été réduits au cours de ces dernières années mais une chose est sûre, ils n'ont pas disparus, puisque la technologie numérique n'est pas foncièrement différente des précédents procédés. Pour faire un film, on enregistre puis on projette 2 pistes d'images séparées pour chaque oeil qui sont légèrement disjointes dû à la disparition rétinienne et ainsi produisant une illusion de profondeur. Il y a bien évidement eu des avancées technologiques de la 3D mais ce ne sont que de légers perfectionnements des mêmes procédés. 

La 3D ne date pas d’aujourd’hui, elle a déjà percé il y a plusieurs années et a peu à peu disparu et perdu de sa  « fraicheur » dû à plusieurs problèmes rencontrés comme les effets secondaires ou le coût de cette technologie. Aujourd’hui l’histoire se répète. Mais va t-elle aller plus loin qu’auparavant ? Les effets secondaires vont-ils disparaître ou la 3D va-t-elle "s’éteindre" comme il y a plusieurs années ?

Photographie: http://geniorama.com/cinema-3d-vers-une-revolution-du-7e-art

 

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